Un message de Marc à tous ceux qui l’ont soutenu

Je remercie du fond du coeur tous ceux qui se sont mobilisés pour obtenir ma libération, tous ceux qui ont signé la pétition, qui ont participé au comité de soutien et les nombreuses personnes qui m’ont envoyé des messages par l’intermédiaire du blog.

J’ai pu lire ces messages petit à petit depuis mardi et il m’ont vraiment fait chaud au coeur. J’ai retrouvé avec émotion des personnes perdues de vue depuis des années, mais à qui je pense encore souvent.

Alors que j’avais essayé de tenir le coup et de ne pas craquer émotionnellement depuis le début, j’ai fondu en larmes dans un taxi qui m’amenait mardi à mon audition en qualité de témoin à la Brigade des Mineurs de Paris. J’étais alors au téléphone avec Yves Garric, journaliste de France3 à Toulouse, avec qui j’ai fait équipe pendant 6 mois à Rodez en 1993. Il avait posté un mot très touchant et je lui ai redit qu’il avait été la personne qui m’avait le plus appris sur le métier de journaliste et sur son aspect humain. J’en profite pour dire que le boulot, c’est le même à Rodez ou à Abéché.

Ce qui m’est arrivé aurait pu arriver à n’importe quel journaliste. Je ne le souhaite à aucun d’entre nous. Ma position de témoin indépendant n’a pas été comprise par les Tchadiens, ce que je peux comprendre vu l’ampleur de la réaction là-bas. Plus ennuyeux, j’ai eu droit ici à des questions comme « Pourquoi ne pas les avoir dénoncés? Vous êtes un peu leur complice?« , venant parfois de confrères journalistes. A l’heure où il est de plus en plus difficile de garder notre indépendance vis-à-vis des pouvoirs de toutes sortes, politiques, économiques, etc., il me semble essentiel de rappeler quelle est notre fonction et l’importance d’une information libre et indépendante. Si j’avais cessé de filmer l’équipe de l’Arche de Zoé, personne n’aurait pu voir comment ils avaient réellement travaillé.

Alors que je comptais les araignées au plafond du commissariat d’Abéché, entre deux parties de scrabble (bricolé en carton), j’ai eu vent de ce qui se montait à Paris pour me soutenir et cela m’a aidé à tenir. Les conditions de détention ont été largement au-dessus des « normes locales », mais le plus dur c’est le moral qui fait du yoyo plusieurs fois dans la journée. Et pour le moral, vous avez tous été pour moi une branche à laquelle me raccrocher.

Merci encore à chacun d’entre vous.

Marc Garmirian

 

 


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